Il était une fois, une jolie petite pouliche, née le 25 mars 1994. Sa maman s'appelait Rose de Borgia et son papa Uranium de Tillard... c'était une magnifique petite jument baie avec au milieu du front une grosse pelote blanche... Puis cette petite jument a grandi... elle s'est qualifiée pour les courses de trot attelé le 13 mars 1997 a Agen... Elle a couru peu de courses, mais n'était pas mauvaise... son propriétaire décida malgré tout de la vendre en tant que poulinière... Et c'est ainsi que la belle Gerba III arriva au haras de la Grézère...
C'est marrant, je me souviens de la première fois ou je l'ai vu, une jument baie, une tête magnifique, mais des n½uds énormes dans sa belle crinière... Nous avons été obligé de lui rafraîchir la coupe... Tant pis, les poils, ça repousse !!
Comment arriver a vous faire comprendre? Il s'est passé quelque chose au premier regard... un pincement au c½ur, le temps qui s'arrête, plus rien qui n'existe, a part elle et moi... Je n'avais jamais ressenti cela auparavant, c'était très étrange... ce n'était pas simplement le « feeling » qui était passé entre nous, c'était beaucoup plus... On aurait dit une force surnaturelle qui faisait exploser une montagne d'amour accumulée au fond de nous, en attente du bon être a qui le donner...
J'avais alors neuf ans, Gerba, elle, en avait sept... Elle n'avait jamais rien connue d'autre que les courses attelées. C'était une jeune jument qui aimait la compétition et la vitesse, et qui allait désormais passer ses journées au pré, a brouter tranquillement, a faire des poulains, a les élever, et ainsi jusqu'à la fin de ses jours... Moi, j'avais un poney, Bob, un magnifique mérens que ma mère m'avait offert, c'était un amour, il était calme, et parfait pour que ma mère soit tranquille quand je partais en ballade seule. Moi il ne me convenait pas du tout, j'aimais que ça bouge, que ça avance, j'aimais sentir le puissance de l'animal sous moi... Bob était mou, comme tout les poneys et ponettes que j'ai pu avoir dans mon enfance, de l'âne au double poney, en passant par le shetland et la ponette presque obèse... tous adorables, vraiment, mais que je ne pouvais pas garder...
A dix ans, je ne voulais plus monter Bob, je n'avais qu'une jument en tête: Gerba. Je me souviens que j'allais la voir régulièrement au pré, rien que sa présence me faisait du bien !
Ma mère me le disait bien « Elle est belle, elle est très gentille, mais il faut te faire une raison Marina, c'est une poulinière, elle n'est pas là pour être montée, elle ne sait peut être même pas ce que cela veut dire... et puis, tu as Bobychou! ». Mais alors, pourquoi je rêvais souvent de grandes lignes droites au galop, lancé a pleine vitesse, sur le dos de cette jument inaccessible pour une petite fille comme moi a cette époque ?
Gerba a eut une seule pouliche, et c'était une mauvaise mère, elle n'avait pas assez de lait, nous avons été obligées de la traire pour nourrir au biberon la petite pouliche alezane, Pirouette, qui venait d'être mise au monde, on ne sait par quel miracle ! C'est le seul poulain que Gerba a eut, et c'est pour ça que finalement le discours de ma mère a changé... Ces mos n'ont jamais quittés ma mémoire: « Elle a une tête superbe, écoutes, ce qu'on va faire, c'est qu'on va l'essayer a la selle, si elle va, elle sera a toi, sinon, et bien on la gardera au fond d'un pré, elle mérite pas la boucherie... ». Mon c½ur se serre encore en repensant à ses mots... Je me souviens parfaitement du jour où je l'ai emmenée dans le box de préparation... elle fut exceptionnelle... elle accepta le filet sans bouger, elle accepta aussi facilement le tapis et la selle... dans le rond de longe assise correctement, ou en sac a patate, elle ne bougea pas... je le savais, j'avais confiance en elle, je n'avais pas peur, aucune inquiétude, aucune crainte, elle ne me ferai rien...
Il a fallu peu de séances avant que je parte hors du rond de longe... Là aussi, je me souviendrai toujours la première fois que je suis allée autour de la piste sur le dos de Gerba... J'avais toujours que dix ans et Gerba avait décidé de faire la course avec le quad que conduisait mon frère qui m'avait accompagné... Lui ne pensant pas à mal, accéléra comme un fou, et c'est alors qu'un brin de folie traversa la tête de la brave jument trotteur français. C'était sûrement un flash back, je suis sure qu'elle s'est revue en plein milieu d'un champ de courses... elle a démarré au trot, très rapide, à la poursuite du quad. Il y a un petit moment ou j'ai eu peur, je l'avoue, je me suis rendue compte un instant que je ne la connaissais pas, que je n'étais rien face a la puissance d'un tel animal... je ne pouvais pas la contrôler. Mais cet instant de frayeur n'a pas duré longtemps... au bout de quelques foulées ma crainte s'est transformée en un bonheur incomparable a tout ce que j'ai pu vivre auparavant. A cette vitesse, le paysage défilait tellement vite qu'il était flou, et un peu comme le premier jour ou je l'ai vu, tout s'est arrêté, tout était magique. Le c½ur serré et les larmes aux yeux je me suis accroché a ma selle, et me suis laissé porté... ce tour est passé trop vite, bien trop vite, et quand il a fallu repassé au pas pour rentrer a la maison, j'ai cru que ce serai impossible. Je me suis rassise correctement dans ma selle, me suis légèrement penchée en arrière, j'ai serré mes jambes, j'ai repris mes rênes, et la jument s'est arrêté comme si elle avait fait ça toute sa vie... C'était désormais ma jument...
Cette année là j'ai découvert l'équigironde, un rassemblement de cavaliers randonneurs quelque part en Gironde, en 2003, les équigirondins se sont retrouvés pour la 2° édition a Bazas. La seule condition pour participer: faire un minimum de 30 km pour rejoindre le point de regroupement. C'est donc ce que nous avons fait, ma mère, des amis et moi, j'avais prêté Bob a la fille d'un des amis, et on m'avais prêté une super jument, car il n'était pas question que je monte Gerba, elle n'était pas assez débourrée d'après ma mère, même si j'étais sûre que je ne risquais rien. Cette mini randonnée fut géniale, et je savais que l'année suivante je voudrai la refaire, mais avec Gerba...
Effectivement, l'année suivante, l'équigironde se passait a Blaye, a la citadelle... Cette randonnée nous l'avons faite, ma mère, Jeff et moi (sur Gerba)... merveilleux, fantastique, magique, extraordinaire, exceptionnel, émouvant, sont des mots qui ne sont même pas assez fort pour désigner tout ce que j'ai ressenti lors de cette randonnée. Elle nous a rapprochée, ma jument et moi, après cela elle me suivait partout, comme un chien, et depuis c'est toujours vrai... Nous avons toute les deux grandi, mûri, etc.... et aujourd'hui, tout ce que nous savons faire, nous l'avons appris ensemble. Tout les ans nous faisons l'équigironde, et nous sommes inséparable... Nous allons ensemble jusqu'à l'hippodrome de Langon, et là nous faisons le tour de la grande piste d'entraînement a fond, vraiment a toute allure, et c'est magique, j'aime vraiment ça, je ne peux partager ce plaisir qu'avec ma bourrique Bab's. C'est vraiment le cheval de ma vie, LA jument qui fait battre mon c½ur, celle sans laquelle je ne peux plus vivre, j'aime l'équitation, mais ce n'est rien en rapport aux ballades que je fais quand je pars seule avec ma jument... je pars dans les vignes, et là je fais toute la remontée des vignes plein galop, a toute vitesse, le plus vite possible, jusqu'à en pleurer de joie, jusqu'à ne plus voir le paysage autour de moi... puis je repasse au pas, et la nous marchons, Ziguy est toujours avec nous, loin devant comme d'habitude, et c'est à ce moment très privilégié que je vis exclusivement a cet endroit, très exactement quand je suis seule avec ma jument et mon chien, après un bon galop, que Ziguy court dans le pré de droite, que le soleil se couche au loin, les couleurs du ciel sont fantastiques, et je regarde au loin, j'oublie tout, douleurs morales et physiques, j'observe des oiseaux qui cherchent a manger des petits vers, ou alors deux pies qui semblent jouer dans le ciel... ou encore tout un vol de petits oiseaux qui vont se poser sur un fil électrique... Et c'est dans ce moment que je n'ai pas envie de rentrer, que je voudrai que la vie se résume à ça, je n'ai besoin de rien de plus... Et il n'y a que Bab's qui puisse me prodiguer un bonheur aussi grand...
C'est marrant, je me souviens de la première fois ou je l'ai vu, une jument baie, une tête magnifique, mais des n½uds énormes dans sa belle crinière... Nous avons été obligé de lui rafraîchir la coupe... Tant pis, les poils, ça repousse !!
Comment arriver a vous faire comprendre? Il s'est passé quelque chose au premier regard... un pincement au c½ur, le temps qui s'arrête, plus rien qui n'existe, a part elle et moi... Je n'avais jamais ressenti cela auparavant, c'était très étrange... ce n'était pas simplement le « feeling » qui était passé entre nous, c'était beaucoup plus... On aurait dit une force surnaturelle qui faisait exploser une montagne d'amour accumulée au fond de nous, en attente du bon être a qui le donner...
J'avais alors neuf ans, Gerba, elle, en avait sept... Elle n'avait jamais rien connue d'autre que les courses attelées. C'était une jeune jument qui aimait la compétition et la vitesse, et qui allait désormais passer ses journées au pré, a brouter tranquillement, a faire des poulains, a les élever, et ainsi jusqu'à la fin de ses jours... Moi, j'avais un poney, Bob, un magnifique mérens que ma mère m'avait offert, c'était un amour, il était calme, et parfait pour que ma mère soit tranquille quand je partais en ballade seule. Moi il ne me convenait pas du tout, j'aimais que ça bouge, que ça avance, j'aimais sentir le puissance de l'animal sous moi... Bob était mou, comme tout les poneys et ponettes que j'ai pu avoir dans mon enfance, de l'âne au double poney, en passant par le shetland et la ponette presque obèse... tous adorables, vraiment, mais que je ne pouvais pas garder...
A dix ans, je ne voulais plus monter Bob, je n'avais qu'une jument en tête: Gerba. Je me souviens que j'allais la voir régulièrement au pré, rien que sa présence me faisait du bien !
Ma mère me le disait bien « Elle est belle, elle est très gentille, mais il faut te faire une raison Marina, c'est une poulinière, elle n'est pas là pour être montée, elle ne sait peut être même pas ce que cela veut dire... et puis, tu as Bobychou! ». Mais alors, pourquoi je rêvais souvent de grandes lignes droites au galop, lancé a pleine vitesse, sur le dos de cette jument inaccessible pour une petite fille comme moi a cette époque ?
Gerba a eut une seule pouliche, et c'était une mauvaise mère, elle n'avait pas assez de lait, nous avons été obligées de la traire pour nourrir au biberon la petite pouliche alezane, Pirouette, qui venait d'être mise au monde, on ne sait par quel miracle ! C'est le seul poulain que Gerba a eut, et c'est pour ça que finalement le discours de ma mère a changé... Ces mos n'ont jamais quittés ma mémoire: « Elle a une tête superbe, écoutes, ce qu'on va faire, c'est qu'on va l'essayer a la selle, si elle va, elle sera a toi, sinon, et bien on la gardera au fond d'un pré, elle mérite pas la boucherie... ». Mon c½ur se serre encore en repensant à ses mots... Je me souviens parfaitement du jour où je l'ai emmenée dans le box de préparation... elle fut exceptionnelle... elle accepta le filet sans bouger, elle accepta aussi facilement le tapis et la selle... dans le rond de longe assise correctement, ou en sac a patate, elle ne bougea pas... je le savais, j'avais confiance en elle, je n'avais pas peur, aucune inquiétude, aucune crainte, elle ne me ferai rien...
Il a fallu peu de séances avant que je parte hors du rond de longe... Là aussi, je me souviendrai toujours la première fois que je suis allée autour de la piste sur le dos de Gerba... J'avais toujours que dix ans et Gerba avait décidé de faire la course avec le quad que conduisait mon frère qui m'avait accompagné... Lui ne pensant pas à mal, accéléra comme un fou, et c'est alors qu'un brin de folie traversa la tête de la brave jument trotteur français. C'était sûrement un flash back, je suis sure qu'elle s'est revue en plein milieu d'un champ de courses... elle a démarré au trot, très rapide, à la poursuite du quad. Il y a un petit moment ou j'ai eu peur, je l'avoue, je me suis rendue compte un instant que je ne la connaissais pas, que je n'étais rien face a la puissance d'un tel animal... je ne pouvais pas la contrôler. Mais cet instant de frayeur n'a pas duré longtemps... au bout de quelques foulées ma crainte s'est transformée en un bonheur incomparable a tout ce que j'ai pu vivre auparavant. A cette vitesse, le paysage défilait tellement vite qu'il était flou, et un peu comme le premier jour ou je l'ai vu, tout s'est arrêté, tout était magique. Le c½ur serré et les larmes aux yeux je me suis accroché a ma selle, et me suis laissé porté... ce tour est passé trop vite, bien trop vite, et quand il a fallu repassé au pas pour rentrer a la maison, j'ai cru que ce serai impossible. Je me suis rassise correctement dans ma selle, me suis légèrement penchée en arrière, j'ai serré mes jambes, j'ai repris mes rênes, et la jument s'est arrêté comme si elle avait fait ça toute sa vie... C'était désormais ma jument...
Cette année là j'ai découvert l'équigironde, un rassemblement de cavaliers randonneurs quelque part en Gironde, en 2003, les équigirondins se sont retrouvés pour la 2° édition a Bazas. La seule condition pour participer: faire un minimum de 30 km pour rejoindre le point de regroupement. C'est donc ce que nous avons fait, ma mère, des amis et moi, j'avais prêté Bob a la fille d'un des amis, et on m'avais prêté une super jument, car il n'était pas question que je monte Gerba, elle n'était pas assez débourrée d'après ma mère, même si j'étais sûre que je ne risquais rien. Cette mini randonnée fut géniale, et je savais que l'année suivante je voudrai la refaire, mais avec Gerba...
Effectivement, l'année suivante, l'équigironde se passait a Blaye, a la citadelle... Cette randonnée nous l'avons faite, ma mère, Jeff et moi (sur Gerba)... merveilleux, fantastique, magique, extraordinaire, exceptionnel, émouvant, sont des mots qui ne sont même pas assez fort pour désigner tout ce que j'ai ressenti lors de cette randonnée. Elle nous a rapprochée, ma jument et moi, après cela elle me suivait partout, comme un chien, et depuis c'est toujours vrai... Nous avons toute les deux grandi, mûri, etc.... et aujourd'hui, tout ce que nous savons faire, nous l'avons appris ensemble. Tout les ans nous faisons l'équigironde, et nous sommes inséparable... Nous allons ensemble jusqu'à l'hippodrome de Langon, et là nous faisons le tour de la grande piste d'entraînement a fond, vraiment a toute allure, et c'est magique, j'aime vraiment ça, je ne peux partager ce plaisir qu'avec ma bourrique Bab's. C'est vraiment le cheval de ma vie, LA jument qui fait battre mon c½ur, celle sans laquelle je ne peux plus vivre, j'aime l'équitation, mais ce n'est rien en rapport aux ballades que je fais quand je pars seule avec ma jument... je pars dans les vignes, et là je fais toute la remontée des vignes plein galop, a toute vitesse, le plus vite possible, jusqu'à en pleurer de joie, jusqu'à ne plus voir le paysage autour de moi... puis je repasse au pas, et la nous marchons, Ziguy est toujours avec nous, loin devant comme d'habitude, et c'est à ce moment très privilégié que je vis exclusivement a cet endroit, très exactement quand je suis seule avec ma jument et mon chien, après un bon galop, que Ziguy court dans le pré de droite, que le soleil se couche au loin, les couleurs du ciel sont fantastiques, et je regarde au loin, j'oublie tout, douleurs morales et physiques, j'observe des oiseaux qui cherchent a manger des petits vers, ou alors deux pies qui semblent jouer dans le ciel... ou encore tout un vol de petits oiseaux qui vont se poser sur un fil électrique... Et c'est dans ce moment que je n'ai pas envie de rentrer, que je voudrai que la vie se résume à ça, je n'ai besoin de rien de plus... Et il n'y a que Bab's qui puisse me prodiguer un bonheur aussi grand...
